Droits humains en Haïti : 2025, l’année de tous les dangers

Les violations des droits humains continuent de s’aggraver en Haïti. Lors d’une conférence de presse tenue le 27 janvier dans les locaux de Banj, les organisations Kay Jèn, l’Institut national d’observation d’Haïti (INOA) et le Groupe d’appui à la réinsertion sociale (GARSO) ont présenté le bilan alarmant de l’année 2025, tout en interpellant les autorités étatiques sur leurs responsabilités.

Selon ces organisations de défense des droits humains, l’année 2025 a été marquée par une insécurité généralisée et une multiplication des atteintes aux droits fondamentaux. Jeunes, femmes, enfants et personnes en situation de handicap n’ont pas été épargnés. La fermeture massive des écoles, l’abandon forcé du domicile familial et les crises sociales à répétition ont affecté l’ensemble des secteurs de la vie nationale.

Dans leur rapport, Kay Jèn, INOA et GARSO dénoncent ce qu’ils qualifient de passivité de l’État face à la gravité de la situation. Les chiffres avancés sont préoccupants : environ 1 600 institutions scolaires fermées, plus d’un million de personnes déplacées à l’intérieur du pays (PDI), et une prolifération de camps de fortune, exposant particulièrement les jeunes filles aux risques de grossesses précoces…

Les organisations ont également rappelé la mort de plusieurs élèves tombés sous les balles de l’insécurité alors qu’ils étaient en quête du droit fondamental à l’éducation. Parmi eux, Lebelt Massenat, abattu alors qu’il se trouvait en salle de classe, et Medjernie Joseph, dont le cas illustre tragiquement la vulnérabilité des élèves en milieu scolaire.

« Nous constatons une banalisation du droit à la vie, de la libre circulation et un non-respect flagrant de la liberté d’expression », ont déclaré les responsables des organisations, visiblement dépassés par l’ampleur des violations recensées.

Face à cette situation, Kay Jèn, l’INOA et le GARSO lancent un appel urgent contre toutes les formes de discrimination et plaident pour le renforcement des institutions étatiques, condition essentielle, selon eux, pour rétablir un climat de sécurité propice au développement du pays.

Alors que la faim et la misère continuent de frapper durement la population, celle-ci reste enfermée dans ce que les organisations décrivent comme un tunnel d’insécurité féroce. Un paradoxe d’autant plus frappant qu’Haïti est non seulement membre fondateur de l’Organisation des Nations unies, mais a également joué un rôle majeur dans la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Plus de quatre-vingts ans après son adhésion à ces instruments internationaux, les autorités haïtiennes semblent pourtant ignorer les engagements pris, tandis que le pays s’enfonce dans une crise humanitaire et sécuritaire sans précédent.

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