Le 12 janvier 2010 est entré dans les sombres annales d’Haïti. Frappé par des secousses telluriques de magnitude 7.3 (l’une des plus considérables de son histoire), le pays a vu succomber sous les décombres des milliers de ses fils et de ses filles, et s’effondrer plusieurs de ses plus beaux patrimoines architecturaux.
Coup sur coup, le choléra s’invite dans la danse et emporte à lui seul plusieurs milliers d’haïtien.ne.s, déjà vulnérabilisé.e.s par des conditions de vie précaires et exacerbées par les catastrophes du 12 janvier. De 2010 à aujourd’hui, soit près de deux décennies, s’ensuivent d’innombrables maux qui nous vaudront à peu près autant de temps pour en faire le récit.
Où en est-on aujourd’hui ? À cette question d’un.e quelconque observateur.trice cherchant à s’enquérir des faits, l’on ne saurait quoi répondre. Sinon, avec gêne et angoisse, certain.e.s dresseront un tableau funeste d’un pays qui s’embourbe dans un mal infini : montée en puissance de groupes armés, prise en otage de quartiers, expulsions des gens de leurs maisons, exécutions, kidnappings de nombreux.ses citoyen.ne.s, dilapidation de fonds publics, assassinat de président, lutte pour le pouvoir… et consorts.
Alors oui, aujourd’hui encore, nous sommes sinistrés. Du 12 janvier ? Cela ne fait aucun doute, puisque de nombreuses familles n’ont jamais repris leur train de vie, que les bâtiments publics (Palais national, la Cathédrale, Rex Théâtre…) écroulés n’ont jamais été réhabilités, que des victimes du séisme portent toujours des stigmates de cette tragédie.
Nous sommes aussi sinistrés du choléra, de la mauvaise foi, de la mauvaise gouvernance et de l’avarice politique qui prend tout pour elle sans rien laisser au peuple, des gangs armés qui emportent tous sur leur passage. Nous sommes sinistrés de la communauté internationale qui s’immisce dans les affaires du pays pour son propre compte et qui fait fi ou même entretient notre souffrance.
À qui crions-nous notre souffrance ? Qui viendra nous prêter main-forte ? Les politiques ? Ils ne sont pas là pour aider. La communauté internationale ? Ce n’est pas dans ses cordes. Dans tous les cas, le dilemme reste entier.





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