Il y a des projets qui naissent discrètement, et d’autres qui s’imposent comme une évidence. Étincelles de Ténèbres appartient à cette seconde catégorie. Le 19 avril 2026, dix jeunes auteurs haïtiens signeront leur entrée dans le paysage littéraire à la Direction Nationale du Livre (DNL), avec un recueil collectif qui porte déjà les marques d’une génération en éveil.
À l’origine, un moment simple, presque ordinaire : des jeunes réunis autour d’un livre, La Mal-Aimée de Margaret Papillon. Mais très vite, la lecture ne suffit plus. Elle bouscule, elle questionne, elle appelle à répondre. Ce besoin de passer « de l’autre côté de la page » devient le point de départ d’une aventure littéraire portée par le club « Mois d’Encre » et accompagnée par celle qui, au fil du temps, s’est imposée comme une figure majeure de la littérature haïtienne.
Ce qui suit n’est pas un simple exercice d’écriture, mais un véritable processus de transformation. Pendant des mois, ces jeunes plumes s’engagent dans des ateliers exigeants, apprennent à structurer leurs idées, à affronter leurs doutes, à affiner leurs voix. Ils écrivent, réécrivent, se confrontent, se dévoilent. Jusqu’à faire naître Étincelles de Ténèbres un recueil où se mêlent fragilité, lucidité et puissance narrative.
Derrière ce titre évocateur, dix trajectoires, dix sensibilités, dix regards sur Haïti et sur le monde.
Anne-Julie P. Carpel Étienne y explore les relations humaines avec une écriture empreinte de sensibilité et d’engagement culturel. Harmelle Maxi, entre écriture et arts visuels, traduit une imagination en mouvement. Johnley Orélien fait des mots un outil pour penser, questionner et donner voix aux silences.

Djennie Josil inscrit sa plume dans une démarche citoyenne, attentive aux enjeux sociaux et éducatifs. Batcheany St Vil milite pour la lecture et la diffusion de la pensée critique. Karl Laurent Dortissant, entre droit et littérature, privilégie une écriture précise, presque chirurgicale. Sabine Auguste, à la croisée des disciplines, mêle art, parole et réflexion.
Beth-Sarah Nicolas, engagée dans la critique et la communication, contribue à structurer une nouvelle dynamique littéraire. Stacy L. Jean, initiatrice d’espaces d’expression, incarne cette volonté de créer des ponts entre idées et actions. Et Liz Naika Sajuste, portée par sa passion des lettres, complète cet ensemble avec une voix en pleine affirmation.
Ce projet d’écriture collective, une première pour Mois d’Encre, dépasse le cadre du livre. Il révèle une jeunesse qui refuse d’être spectatrice, qui choisit de prendre la parole, d’écrire son époque, de dire ce qui dérange autant que ce qui inspire.
Le 19 avril, sous le slogan « Plusieurs plumes, un seul amour : l’écriture », ces voix sortiront du cadre privé pour rencontrer leur public. Une vente-signature qui n’est pas qu’un événement, mais un passage : celui d’une génération qui entre dans l’espace littéraire avec audace.
Dans un pays où les récits sont souvent fragmentés, parfois étouffés, Étincelles de Ténèbres s’impose comme un geste fort. Celui de jeunes qui écrivent pour exister, pour comprendre, mais surtout pour ne plus se taire.











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